
Des fois grâce à des recherches, il nous arrive de trouver des films d'exploitation brésiliens, comme Violencia no Carne (Violence and Flesh), par Alfredo Sternheim, 1981. Avec un titre pareil on pourrait s'attendre à du gore et du nichon dans tous les sens. On a en fait l'histoire d'une prise en otage d'une bande d'acteurs par trois malfrats, dans un alliage bizarre entre la franche sexploitation, la tragédie, et le film qui propose des réflexions sur la société, la religion et l'amour !

De la sexploitation avant tout
Au début des méchants mettent le feu à une voiture, et ça dure cinq minutes interminables avec une musique qui rappelle légèrement la symphonie pastorale de Beethoven. Le reste de la B.O est moins bien.
Après cette scène vraiment trop longue, on passe dans l'exhibition des seins à outrance. Chacune des héroïnes, des actrices en herbe, sont en train de faire l'amour dans leurs scènes d'exposition respectives. Le type de la bande lui, danse en slip au bord de l'eau.



Ensuite la bande d'acteurs se fait prendre en otage par les trois bandits en cavale qui ont brûlé la voiture au début du film. Les méchants s'ennuient. Les acteurs décident de joueur leur pièce digne de Jean Calin en espérant convaincre leurs ravisseurs de les laisser partir.

Mais le plus primaire des méchants nous rappelle qu'on est là pour voir du sexe. Il en a marre et force une des actrices à danser nue puis la viole. C'est le début de toute une série de viols et de relations sexuelles forcées sous les yeux des méchants.

La grosse scène du film : dans le fond le vieux méchant viole le jeune qui dansait en slip, pendant que les deux lesbiennes doivent faire l'amour devant tout le monde.
Oui, tous nos bas instincts sont flattés et on ne va pas s'en plaindre. Pourtant le film tente de proposer plusieurs niveaux de lecture.
Des réflexions multiples
Dès les premières scènes, les personnages principaux discutent au petit déjeuner de Sartre et Kafka.

Quand ils sont tenus en otage, leur réflexion continue, et de grands débats sont lancés avec leurs ravisseurs.

C'est l'occasion pour le plus romantique des trois méchants d'exposer son point de vue sur la société brésilienne de l'époque. Il est inutile de vous rappeler que c'est l'époque de la dictature militaire, et que l'équipe de foot n'a plus gagné la coupe du monde depuis plus de dix ans. En gros, c'est en braquant des banques qu'il veut améliorer les choses.
Les jeunes acteurs ont de la morale à deux balles à revendre. Il suffit de voir ce grand dîner, où la question de la place de l'homme et du divin ou de l'impunité de la violence sont abordées entre le fromage et le dessert.

Il y a aussi une sorte de petite mise en abîme et de jeux de réponses entre les acteurs qui jouent des acteurs, dans un film où nous voulons voir du sexe et où ils doivent avoir du sexe, où on ne sait plus trop qui est sincère, qui prend du plaisir à se montrer ou non.
La recherche de réflexion est donc indéniable.

Finalement, n'importe quoi
Mais il y a un problème : toutes ces réflexions, ça sonne bizarre, dans un film où tout le monde est tout le temps à poils, ou ça joue aussi bien que dans Plus Belle La vie, et où le scénario part en vrille. Je veux surtout parler d'une scène a priori inutile et pleine de folie, mais qui annonce le tragique deus ex machina. Un des trois méchant se balade un matin sur la belle plage brésilienne, et tombe sur deux femmes et un homme aux cheveux longs qui courent nus comme des vers et font l'amour. Puis une de ces deux femmes s'offre à notre méchant et finit par lui mordre le sexe. Le méchant se voit forcé de l'étrangler. Sans vouloir dévoiler la fin, cet événement douloureux est à l'origine de la fin très tragique, où triomphera l'amour entre le méchant un peu gentil (celui qui voulait sauver le monde) et une des actrices qui est tombée amoureuse de lui pendant son viol.

Y a que sur les plages brésiliennes qu'on voit ça.

Voilà ce qui arrive quand on met les dents !

La police brésilienne est sur le coup.


Un viol, un coup de foudre, une histoire d'amour à graver dans l'éternité.


Talent inutile n°46 : faire croire qu'on fait l'amour avec le type qu'on vient de poignarder seins nus.
Finalement, il ressort de ce mélange des genres surtout le sexe, un peu le n'importe quoi, et des tentatives de réflexion rendues ridicules. Il n'en faut pas plus pour que j'adore ce film.





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