
Attention : cette critique est accompagnée d'une très jolie fable.
[Prologue : Une jeune fille, en 1915, se mit à préparer le plus beau des gâteaux. Une fois sorti du four, le gâteau avait l'air tellement bon qu'elle décida de le garder au lieu de le manger.]
Run ! Bitch Run ! est un film réalisé par Joseph Guzman en 2009, avec Cheryl Lyone et Ivet Corvea. Il est sorti en juillet en dvd, en même temps que Nude Nuns with big Guns et Samurai Avenger : Blind Wolf, dans une collection Grindhouse chez M6 Vidéo. C'est un film qui se veut fidèle au bon vieux cinéma d'exploitation des années 70, en particulier les Rape and Revenge : il raconte l'histoire de deux écolières cathos qui se font violer par un couple pervers et cruel. Une des deux survit, et décide de se venger.
Alors, le film vaut-il le coup, ou peut-on se contenter des belles affiches et de la bande annonce ?
Un petit clin d'oeil : ça fume et ça baise en regardant Nude nuns with big guns
Si vous avez vu ce film, vous savez qu'il a remporté mon adhésion dès la première scène. En effet, tout commence sur un plan nichon. A ce niveau-là, le cahier des charges est complètement rempli, parce que (presque) toutes les actrices du cast se retrouvent à poils à un moment ou à un autre. Sur ce point, on est tous d'accord, Run ! Bitch Run ! est seins-screen approved.
Douche #1
Si on essaie d'aller un peu plus loin que les seins, c'est un poil plus mitigé.
Certes, l'esprit "grindhouse" est totalement respecté. L'image est sale, et n'est qu'un des éléments de toute la crasse que charrie ce film. L'action prend place dans un monde totalement pourri, dans de grands espaces désertiques où les seules personnes que l'on croise sont des malades cruels et pervers. Par exemple, la méchante aime forcer des jeunes filles à lui lécher les pieds, elle aime aussi se masturber avec la ventouse des toilettes, et même tuer des filles et des gros. Oui, ici, les personnages sont dérangés, lubriques, pervers, ils en mettent plein la gueule aux gentils, pour finir par subir eux-mêmes des atrocités.
Le sang coule à flots, et apporte de la noirceur mais aussi un peu d'humour, par le caractère exagéré de certains passages. C'est drôle, le crasseux.
La musique est assez réussie à mon goût. Aux accents western et électro, elle se répète souvent, en collant bien aux personnages ou au contraire en apportant un décalage par rapport à l'action. On est bien dans l'ambiance.

Cheryl Lyone possède une paire de seins d'une taille insoupçonnée. Et elle marche à poils en forêt. J'adhère.

Oui, elle est parfaite pour ce rôle. Nue, avec une gueule, avec des gros seins, et pas forcément bonne actrice.
Mais il y a des temps morts. On s'ennuie parfois. Et la vengeance ne commence qu'aux deux tiers, voire aux trois quarts du film. On peut jouer la mauvaise foi en disant que les films auxquels Run ! fait référence comportent souvent des passages creux. Mais quand on rend hommage, doit-on aussi rendre hommage à ce qui est chiant ?
Finalement, le problème avec ce genre de films (on pense aussi à Machete, par exemple, et pas à Drive Angry, qui s'ancre dans la modernité malgré son côté exploitation assumé), c'est qu'ils sonnent toujours un peu contrefaçon, quel que soit leur degré de ressemblance à l'exploitation des 70's. Des fois on se dit que si c'est pour faire comme avant, autant se regarder des films d'avant. Rien de nouveau sous le soleil. A quand les nouvelles formes de cinéma d'exploitation, ainsi que leurs nouveaux thèmes ? Selon moi, il y a peut-être un avenir dans le format séries. Suivez mon regard, Spartacus, Femme Fatales.
[Epilogue : Finalement, en 2011, la jeune fille, devenue maintenant arrière-arrière grand-mère, n'a toujours pas mangé son gâteau. Elle préfère rester sur ses acquis plutôt que d'aller en inventer un nouveau. Qu'importe, c'est peut-être d'une autre époque, mais au moins elle peut voir ses seins se refléter dans la brillance éclatante de la texture de son beau gâteau.]













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