Les médias ont tendance à nous saouler avec ce qui fait l'actualité. Par exemple, en 2005, on en avait plein les choses de Katrina, on nous répétait toujours les mêmes poncifs, sans jamais varier les points de vue, le vent a soufflé et ça a fait du bruit, y a tant de maisons cassées, Bush il s'en fout des noirs, blabla. En clair, Katrina, on en avait ras le cul.
Et puis je suis tombé sur un article, que je ne saurais retrouver, qui expliquait ce qui avait disparu avec l'ouragan Katrina. Et au lieu de nous lâcher les images satellites de l'ouragan, au lieu de nous gaver avec la tête de Bush ou avec les rumeurs de noirs avec des fusils à pompe qui volent les épiceries, cet article parlait d'ambiances de quartiers uniques au monde, de défilés pleins de musiciens qui égayaient le monde. En quelques lignes, il avait réanimé la vie de la Nouvelle Orléans. J'en ai presque pleuré. C'est ce genre d'article qui nous rappelle ce qu'est la vraie géographie, ce qu'est l'homme, ce qu'est la vie.
Treme, c'est un peu la même chose. Cette série HBO, créée par David Simon (l'homme déjà sucé, à juste titre, par toute la critique pour The Wire et Generation Kill), suit différents musiciens dans la Nouvelle Orléans en reconstruction. Et ici l'important ce n'est pas le scénario, ni les retournements de situation, ni le cliffhanger d'avant la pub. On est là pour regarder les hommes et les femmes vivre, ou pour les écouter faire de la musique (nécessaire mise au point ici).
Les séries de Simon ont une capacité unique, celle de rendre les scènes les plus banales, les plus insignifiantes, extraordinairement belles, entre gestes et paroles du quotidien, et moments de bravoures qui nous font toucher la magie de l'humanité.
Je ne vais pas parler des heures de cette série même si elle le mérite, notamment parce qu'elle ne fait aucune concession dans son discours. Il faudrait écrire des paragraphes et des paragraphes, retracer l'histoire de la Nouvelle-Orléans, telle qu'on peut la sentir à travers le parcours des personnages de Treme, il faudrait analyser tout ce qui fait que cette série refuse la simplicité, confronte les différents points de vue des habitants, aborde les conséquences variées du passage de l'ouragan, et ne se contente pas d'être une ode partiale à la beauté des trompettes.
Je préfère vous laisser avec les quelques seins que l'on peut apercevoir au cours des dix épisodes de la saison 1. C'est parfois plus parlant qu'un long discours. La saison 2 a déjà été diffusée, et une saison 3 est prévue, malgré les audiences qui ne sont pas à la hauteur. Merci HBO.
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