14 novembre 2010

Faut-il tomber le haut pour faire un bon film d'épidémie ? Rage (1976) Vs Infectés (2010)



La réponse à cette question est d'emblée non quand le film est excellent. On pense bien sûr à 28 jours plus tard. Mais quand les films disposent de moins de moyens, l'interrogation prend tout son sens.

Comparons Rage, Rabid en VO, réalisé par Cronenberg (pas la peine de vous le présenter dans cette vidéo si vous le connaissez) en 1976, et Infectés (Carriers), de Alex Pastor, sorti il y a quelques mois.

1/ Deux épidémies sans gros moyens

Les deux films traitent d'histoires d'épidémie classiques :
Dans Rage, une femme devient porteuse saine de la rage après un accident de moto, et diffuse rapidement l'épidémie dans toute la ville. Des dizaines de personnes enragées se mettent à courir dans tous les sens pour mordre tous ceux qu'ils croisent. La peur se propage tandis que la loi martiale est proclamée.

La peur se propage dans Rage.

Dans Infectés, l'infection a déjà eu lieu. Un virus très contagieux tue les individus en quelques jours, et nous suivons une bande de survivants, qui cherche, sans grosse raison cohérente, à atteindre la mer.

On peut trouver d'emblée des limites qui tiennent aux manques de moyens. Dans Rage les scènes d'horreur font parfois un peu pitié, alors que dans Infectés, on n'a que quelques scènes à faux suspense, et en gros rien de transcendant qui arrive pendant toute la durée du film.
Pourtant un des deux films arrive à accrocher le spectateur, en traitant de façon efficace la propagation de son épidémie, et à offrir une oeuvre de qualité : je veux parler de Rage.

2/ La différence : les seins d'une grande du X

Marilyn Chambers, femme fatale.


C'est Marilyn Chambers (Behind the green door, pour ceux qui ont des lacunes en classiques du X) qui joue la porteuse saine dans Rage. Une très belle femme, au regard profond, aux atouts corporels indéniables, et qui surtout se révèle parfaite dans son rôle ! Après son infection, elle ressent parfois un besoin intense de piquer des humains avec l'appendice qui lui pousse sous le bras (!!!). Les victimes deviennent enragées quelques heures plus tard.

Voilà le dard qui a poussé sous l'aisselle. Faut-il y voir une symbolique précise ?


Un regard.

La scène où tout commence, celle où l'on apprend qu'elle est porteuse du virus et doit agresser les autres pour survivre, est la scène où on la voit seins nus : il n'y a pas de hasard. C'est quand on voit sa poitrine que l'histoire bascule dans l'horreur. Et cette exhibition de seins justifie toute la trame du film. Marilyn Chambers attire tous les hommes, son sex appeal est irrésistible.

La scène où tout commence : la scène où l'actrice se met à nu.

Et voilà... Il est mort contre ses seins.

D'ailleurs la plupart de ses victimes se sont elles-mêmes approchées d'elle. Dans cette première scène le docteur n'hésite pas à l'enlacer (comment résister ?), et elle profite de cette proximité pour l'attaquer avec son aisselle.
Avec une musique oppressante, l'horreur s'installe petit à petit dans le film, malgré quelques longueurs.

un petit seins nus gratuit vers la fin du film.


En mettant au centre du film le sex appeal de sa star du X, Cronenberg nous offre donc un film de qualité.

Par contre dans Infectés, l'ennui est là pendant tout le film. On s'attend d'abord à avoir un bon survival, avec des courses-poursuites avec des infectés, avec des affrontements très gores, mais en fait on n'a rien de tout ça. Les gars qui ont fait le film ont peut-être voulu se rapprocher plus de La Route, film tiré de l'excellent bouquin de Cormac McCarthy, mais le résultat est mauvais, beaucoup moins profond que le modèle.
De plus la déception est forte au moment du climax. Des types en combinaison stérilisée demandent aux deux héroïnes de se déshabiller, afin de voir si elles portent des traces de l'infection :


C'est bien parti, on va enfin arrêter de s'ennuyer au bout d'une heure de film...

Allez, on y est presque !

Eh bah finalement non ça s'arrête là.


Elles ne montrent rien ! Pas même un bout de téton ! C'est la cerise sur le gâteau : s'il y a bien quelque chose qu'on n'a pas le droit de faire, c'est d'insuffler l'espoir au fond du coeur d'un homme, et de le décevoir ensuite ! Voilà comment rater un film !

Vous l'aurez compris : Rage est à voir (trailer), Infectés à jeter (trailer).


Le Bonus

Si vous voulez continuer à voir des films d'épidémie qui montrent des femmes seins nus, je vous conseille Ebola Syndrome, de Herman Yau, 1996, le bon film de Hong-Kong de catégorie 3, plein de gore et de sexe.



Le film qui commence par un viol interracial exotique : un chinois et une africaine.

Ce viol prend un caractère nécrophile, alors que notre héros devient porteur du virus Ebola.

Il s'en suit toutes sortes de péripéties, de vengeances marxistes envers ses anciens patrons,

et de découpages bien gores. Bande annonce.

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