La série produite et diffusée par Canal en octobre dernier montre la vie des pensionnaires d'une maison close en 1871, et permet, à travers cette vie quotidienne de prostituées, dans une intrigue plutôt moyenne, de faire une assez bonne peinture du XIXe siecle, et finalement de bien retranscrire la vie, tout simplement (c'est bien le but de toute série non ?). Et tout ça avec un fil rouge : les seins (enfin, le sexe en général).
1/ La vie quotidienne dans une maison close
Eh oui rien qu'en voyant le titre on s'attendait à beaucoup de sexe. C'est ce qu'on a, mais peut-être pas autant qu'on en voudrait. Enfin faisons pas les difficiles quand même. C'est interdit aux moins de 16, et même si le premier épisode est assez avare en scènes crues, on en a pour notre argent après. Trucs à trois, gros dégueulasses avec jolies jeunes putes, coups de fouets dans la salle de torture, plans nichons inutiles... On a donc ces sublimes filles (en général des filles au regard et au sourire fort, plus proches de la beauté pure que de l'actrice de cul, plus charmantes que bonnes) qui nous montrent tous leurs charmes tout au long de la série, en ponctuant leurs journées de jolies phrases comme : "on est endettées à tailler des pipes jusqu'en 1900" . Que demander de plus ? On est aux anges.

ça, c'est un gros dégueulasse.
L'ambiance sonore est excellente, et alterne entre longs thèmes assez pesants et angoissants et brefs passages plus modernes, avec morceaux rocknroll, qui donnent une étincelle d'énergie et de décalage dans une série globalement sombre (oui on n'est pas dans Maison Close de Marc Dorcel avec Tara White, les putes vont pas toujours au charbon les yeux pétillants de joie).
Grâce à ce facteur seins, le spectateur est tenu en haleine : cela permet de rattraper les péripéties qui sont pas toujours des plus passionnantes. Et c'est l'occasion d'apprécier les autres qualités de la série.
2/Une fresque historique de grande ampleur ?
Les décors sont magnifiques et bien restitués. La Grande Histoire a son rôle à jouer dans l'intrigue. On est aux débuts de l'âge d'or des maisons closes en France (vous n'êtes pas sans ignorer qu'elles sont interdites depuis 1946). De plus le siège de Paris et la Commune viennent de se terminer. La maison close en question, « Le paradis » est un établissement de luxe et on imagine qu'elle a connu une certaine pénurie de clients pendant ces quelques mois, la plupart des hommes fortunés de Paris ayant préféré quitter un peu la ville pendant ces temps troublés. Les filles de la maison ont du se rabattre sur d'autres clients, moins fortunés, souvent des communards, et doivent assumer cette épriode maintenant que l'ordre est rétabli, dans un contexte de mise en place de la IIIe République.
Dans ce côté mise en scène de la société du XIXe, on ne peut s'empêcher de penser à Zola et la peinture naturaliste des côtés miséreux et sordides de la vie urbaine, comme dans L'assomoir, mais aussi des rivalités entre classes supérieures, argent et politique (comme dans La Curée).
Bon faut pas s'attendre à la méga fresque historique non plus. Mais je le conseille quand même pour montrer aux classes du secondaire, au moins les élèves seront attentifs.
Mais le mieux, c'est qu'à travers cette peinture historique, c'est l'humain en général qui est bien décrit.
3/ Une peinture de l'humain
Eh oui le cul est ici au service d'une retranscription de la vie, l'occasion de voir évoluer différentes personnalités confrontées à leur rapport au sexe, le sens que des femmes veulent donner à leur vie, en oubliant ou en assumant leur passé. On finit par s'attacher aux filles quand on voit l'envers du décor, quand on associe un petit coeur et des sentiments à ces paires de seins qui se baladent devant l'écran, même si quelques évolutions de personnages sont assez téléphonées. Je pense à la petite prude qui est piégée et doit travailler au bordel, qui tombe dans la drogue pour oublier son malheur, etc.
Dans ce contexte de luxe, d'hédonisme (tout le monde a tout le temps la clope à la bouche et boit cul sec des verres d'alcool bien violent), d'érotisme et de perversion, on voit toutes ces âmes affronter les difficultés de la vie, c'est intemporel. On peut même voir, dans une société patriarcale, encore pertinente aujourd'hui dans une certaine mesure, le bordel comme une métaphore décrivant une situation propre à toutes les femmes. Les féministes anglaises du XIXe siècle réfléchissaient déjà là-dessus. Il suffit de voir la scène où un anthropologue, dans la vague darwinisme social de la fin du XIXe siècle, vient étudier les crânes des prostituées pour voir en quoi elles sont faites pour ça, pour se demander bah... plein de choses sur le monde d'aujourd'hui. Je vous laisse réfléchir là-dessus.
Conclusion : c'est beau une femme, surtout quand ça montre ses seins.








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