
J'ai peu de temps en ce moment, mais je n'ai pas envie de vous laisser sans idées de seins à l'écran. Je vais donc vous parler rapidement d'un bon vieux porno français comme on trouve toujours le temps d'en voir : Le droit de cuissage, 1980 (aussi appelé Amours très intimes pour couples, ou encore Le dévoyeur), de Burd Tranbaree, pseudonyme de Claude Bernard-Aubert, le réalisateur de l'excellent La Rabatteuse, et du non-porno Charlie Bravo.
Geneviève (Elisabeth Buré), refuse les propositions libertines que lui fait son mari, Vincent (Richard Lemieuvre) : elle ne veut pas se donner à un de ses amis au hasard devant toute une assemblée de partouzeurs de bonne famille. Pour lui donner goût à ce genre de pratiques, Vincent élabore tout un plan machiavélique. Il fait en sorte qu'elle ait une relation adultérine avec un de ses complices, où elle ose plus de choses qu'elle ne se permet dans son couple, la sodomie par exemple. Il s'arrange ensuite pour qu'elle ait des relations forcées avec un voisin (joué par le fameux Dominique Aveline) qui les a surpris et qui la menace de tout raconter au mari (ce voisin est lui aussi un complice de Vincent). Prise dans cette spirale, grâce à l'excitation de l'interdit, à cause de ses relations forcées, elle expérimente petit à petit de nombreuses facettes de la sexualité.

Elisabeth Buré : peu dans les seins, tout dans le regard.
Les scènes s'enchaînent logiquement, naturellement. Geneviève essaie peu à peu tout ce qu'elle a refusé auparavant, pendant que son mari, toujours tapi dans l'ombre, observe son évolution et tire les fils. La machinerie diabolique poursuit son enchaînement inéluctable. Les différents moments de la journée de Geneviève sont filmés avec rythme, transports, boulot, adultère, transports, relations avec le maître chanteur, puis relations avec le mari, et ainsi de suite, jusqu'à la scène finale, parfaite réponse à la scène d'introduction, et qui montre l'aboutissement du chemin parcouru par Geneviève.
Elisabeth Buré n'a rien de spécial physiquement, surtout pas au niveau des seins. Mais son regard fait tout, et lui permet de nous passionner pendant les soixante minutes que durent le film. Pour une des trop rares fois dans l'histoire du cinéma X, les réticences de la jeune femme face à certaines pratiques sonnent vrai. Des réticences réalistes, qui sont d'autant mieux mises en morceaux quand Geneviève se met à pratiquer de nouvelles choses. Serena, elle, ne brille que dans une scène, malgré ce que pourrait nous faire croire la jaquette.
Partouzeurs are watching you poop.
Le droit de cuissage possède donc un rythme propre : on ne peut le considérer comme un porno qu'on pourrait par morceaux, comme on a tendance à le faire bien souvent, quand il n'y a pas de liant entre les scènes. Au coeur de cette alchimie, il y a la musique de Paul Vernon d'une puissance rare, aux accents mélodiques, rock, progressifs, groovy. Je ne sais pas ce qu'est devenu cet homme, mais je l'admire. On a envie de faire tourner le film en fond juste pour la bande son.
J'aime.






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