
La jaquette est dégueulasse, je vous l'accorde.
The Dicktator est un film d'anticipation, érotique et humoristique de Perry Dell, réalisé en 1974. Aujourd'hui on le trouve dans un double dvd avec Deep Jaws. Il est dur de ne pas atteindre le point Godwin avec un titre pareil. Pourtant The Dicktator traite de quelque chose d'assez original : et si les hommes de la terre entière devenaient stériles ? Et si on en profitait pour montrer des seins ?

Première partie : anticipation et lourdeur
Le scénario de base est assez intéressant, on peut se dire qu'on a de quoi dérouler de la bonne anticipation. Au début du film, dans le but de maîtriser les naissances, parce que la terre est surpeuplée, on met au point une pilule censée diminuer la fertilité du sperme.
Finalement, tous ceux qui ont pris cette pilule, c'est-à-dire presque tous les hommes de la terre, deviennent stériles, parce que la pilule marche un peu trop bien. Les président des Etats-Unis annonce alors aux grands de ce monde qu'il va retrouver les rares hommes qui peuvent encore procréer. Ces quelques hommes sont appelés les "dicktators", les "official government fuckers".

Nicolle Riddel est sur la table du président de la république française au téléphone avec le président des Etats-Unis. Vous pensez que le réalisateur insinue que les hommes de pouvoir français ne pensent qu'à se faire des filles partout ?
Vous l'avez vu, le début a tout pour être intéressant. Mais les éléments humoristiques, omniprésents, sont incroyablement lourds, c'en est fatigant de voir des tonnes de clichés aussi gros que cette banane que mange le dirigeant noir avec la peau, tout en se faisant toucher le sexe dans sa case. Le côté "je me moque du racisme caricatural" est traité avec une absence de finesse rare. Les accents des dirigeants étrangers sont complètement exagérés, et le jeu des acteurs n'arrange rien. Film d'exploitation style.
Deuxième partie : érotisme et n'importe quoi.
La deuxième partie du film se contente de nous présenter un par un les quelques rares hommes qui n'ont pas encore pris la pilule, et qui sont donc les espoirs de survie de l'humanité. On les voit aux prises avec des femmes prêtes à recueillir leur semence dans de longues scènes érotiques. L'humour bien gras est un peu abandonné, et plus que cela, c'est le lien entre les scènes qui est lâché, c'est la cohérence du film même qui est jetée aux oubliettes, cohérence qui partait déjà sur des bases incertaines.
Le seul élément qui lie le tout, c'est l'absence de WASP parmi les cinq hommes qui ont la possibilité d'assurer la reproduction de l'espèce humaine. C'en est fini de la domination des blanche et chrétienne sur le monde. Je dédie ce film à Eunice Barber.
Je vous laisse découvrir les dicktators :
Un travesti qui fait l'amour à une très belle rousse.
Un gros dirigeant oriental joué par un latino. Ses deux geishas (Mara Sonara et Kathy Hilton) sont assez bonnes.
Un berger péruvien qui rencontre une blonde aux gros seins.
Un juif et une femme à perruque (Marissa Laine).
Un russe et une actrice aux gros seins, Uschi Digard, très Russ Meyer style.
Un étudiant en anthropologie qui met des BBW dans des marmites.
Ce tour du monde est très caricatural, mais ces longues scènes érotiques assez sensuelles me conviennent parfaitement, notamment celle avec le dictateur oriental (qui comprend quand même un plan kiki tout mou, un mangeage d'orteils et une baise avec les chaussettes, c'est très fort).
Le film n'en finit pas de changer de ton. Les dernières minutes de The Dicktator se composent d'un viol assez dérangeant en arrière-plan, qui laisse la victime dans un état assez problématique. Puis, le twist de fin est assez fou. Je vous laisse le découvrir (ce twist a un rapport avec l'identité du président des Etats-Unis. Je vous donne un indice : ce n'est pas un reptilien).
Vous l'aurez compris, j'aime ce film, parce qu'il remplit son quota de seins des années 70, de scènes un peu dérangeantes, et d'incohérence (ou d'audace, ou de folie, si vous préférez).














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