Sins of Sister Lucia est un film de 1978, produit par la Nikkatsu, réalisé par Koyu Ohara, avec Yuki Nohira (Rumiko/Lucia) et Rei Okamoto (la Mère supérieure).
Un film de Nunsploitation
Les histoires de bonnes soeurs qui croquent allègrement la pomme ne sont pas l'apanage des occidentaux, et ne se déroulent pas forcément il y a des siècles. Dans les années 1970, un sous-courant du cinéma d'exploitation se développe, celui de la Nunsploitation, à savoir des films ayant pour objet les fantasmes diffus que tout un chacun peut avoir sur la vie de religieuses coupées du monde : blasphème, sexe, violence, tout ce qu'on veut, quoi. Au Japon dans les années 70, il existe toujours une communauté chrétienne, et il n'en faut pas plus pour que certains cinéastes imaginent la vie cachée de ces mystérieuses jeunes femmes et mettent en scène des films où les religieuses n'hésitent pas à montrer leurs seins. Religion, japonaises perverses, débats sur la laïcité, tétons qui pointent, autant d'éléments qui font que c'est une nécessité de se voir ou re-voir les films qui ont marqué (ou non) l'histoire de la nunsploitation.
Sins of Sister Lucia est l'histoire de Rumiko, une jeune femme que son père envoie au couvent parce qu'elle poignardé un homme qui frappait le prof d'anglais avec qui elle couchait. Elle débarque dans le couvent où la mère supérieure la rebaptise Lucia (ça signifie lumière). Le bizutage ne se fait pas attendre : l'ensemble des nonnes passe son temps à martyriser la nouvelle arrivante. Puis Lucia découvre très vite que dans cet établissement pourtant dédié à l'amour du seigneur, tout le monde passe ses nuits à faire l'amour (entre filles en général). La mère supérieure, surprise pendant ses ébats avec le curé (un classique), envoie Lucia dans la salle de, où deux prisonniers en cavale se réfugient, et la violent. Mais Lucia, en bonne perverse qu'elle est, met en oeuvre le fameux dicton "quand le viol devient inévitable, détends-toi et jouis". Elle profite de sa nouvelle complicité avec les fugitifs pour les pousser à aller violer toutes les autres nonnes. Quelle belle histoire ! Et comme dans White rose campus and then everybody gets raped, le final est assez étonnant.

L'érotisme avant tout
Comme tout bon film d'exploitation qui se respecte, l'important n'est pas le message à délivrer, mais le plaisir qu'on a à voir du sexe et de la violence dans plein de situations fantasmatiques. Mais finalement Sins of Sister Lucia ne part pas dans le blasphématoire outrancier et ne présente aucune scène dérangeante, comme a pu le faire souvent la nunsploitation. Les bizutages ne sont pas trop violents, et souvent mis en scène de manière fort jolie (je pense à la scène de la fessée ou celui de la toile tissée au dessus de Lucia). Les nombreuses scènes érotiques -dont les viols, pas si violents que ça- sont très plaisantes. Elles se concentrent souvent sur les tétons, et sur l'ambiguïté des réactions des soeurs, entre refus et plaisir, comme dans de nombreuses autres productions japonaises. Une dose d'humour bienvenue est distillée assez intelligemment et le réalisateur aime aussi placer quelques symboles faciles, qui donnent au tout un peu de cohérence et de force esthétique.

Lucia croque la pomme : c'est une référence à Eve dans la Genèse (oui, j'en ai de la culture pour savoir ça !)

Le masque de mémé

La mère supérieure crucifiée

Ahlala, ces femmes... Il suffit de sortir sa guitare pour qu'elles oublient que vous les avez violées. (HUMOUR)
Sins of Sister Lucia n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il est vivement conseillé parce que c'est un film de Nunsploitation tout à fait correct, offrant une beauté générale des plans et de nombreuses actrices aux jolis seins.











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