01 janvier 2011

Her Vengeance : peut-on voir un bon Rape and Revenge sans seins ?



Her Vengeance (1988) est un film de Hong-Kong par Ngai Kai Lam (Nam Nai Choi), c'est un remake de Kiss of Death (1973).

Les violeurs

Kit Ying (Pauline Wong), se fait violer par cinq hommes à Macau. Elle apprend qu'elle a contracté le SIDA, et part alors à Hong-Kong chez son ancien beau-frère, maître du kung-fu en fauteuil roulant. C'est l'heure de la vengeance !

On le sait, le genre particulier du Rape and revenge, c'est-à-dire l'histoire de femmes violées qui reviennent se venger, peut se prêter à l'exploitation facile de nos sentiments les plus bas. Mais on peut chercher la qualité en faisant le choix de ne pas montrer (trop) de seins.


Un questionnement sur la violence et la place de la femme

La violence n'est pas trop explicite. On assiste quand même à un viol, des bagarres et des meurtres, mais ici pas de nu et a fortiori de seins nus, ni de violence exacerbée. La brutalité du film se retrouve plutôt dans l'atmosphère générale très sombre, la musique assez angoissante, la solitude de Kit Ying, la froideur du monde.

On voit le haut des fesses de Kit Ying pendant son viol, mais rien d'autre.


De plus la vengeance n'est pas montrée de manière simpliste. Kit Ying ne trouve pas de suite l'aide qu'elle veut. Ses proches refusent de l'assister. Elle a l'impression de se retrouver esseulée dans un monde injuste où les femmes et les faibles sont à la merci de personnes sans états d'âme, sans espoir d'obtenir réparation ou de se venger.
Ce traitement de l'histoire, en ne sombrant ni dans le voyeurisme ni dans la simplicité, est l'occasion de réfléchir sur des thèmes de société tels que le déficit de confiance en la justice, le sexisme et la difficile affirmation du statut de la femme aujourd'hui. Mais pas trop ! La vengeance implacable de Kit Ying finit tout de même par s'accomplir.


Des scènes jouissives quand même

En plus de ces éléments qui haussent ce film au-dessus du simple cinéma d'exploitation, certaines caractéristiques lui remettent les pieds, si ce n'est sur terre, en tous cas à côté du grand cinéma respectable, et pour notre plus grand bonheur.



Je veux parler en particulier du beau-frère en fauteuil roulant qui, tel un Patrick Swayze des années 80, casse la tête aux méchants dans son bar le soir. La journée, il chasse le cafard sur les toits lors d'une scène d'anthologie. Le combat final est aussi un grand moment. Et l'héroïne a un peu le syndrome Paul Kersey (Charles Bronson) dans la saga Death Wish (Un justicier dans la ville) : tous ses proches ont tendance à se faire violer et tuer, ce qui rend la vengeance encore plus attendue.

Un entraînement sur le toit, un homme en fauteuil roulant, et un cafard : une des plus grandes scènes de tous les temps !

Et surtout, raison d'être de cet article, il y a quand même une scène de seins nus, quand on surprend un des violeurs en train de réaliser un film porno.





On l'aura compris, ce film est à voir.
Le réalisateur a aussi pu se révéler bien plus fou dans ses oeuvres.

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