Il arrive qu'on ait un coup de coeur, quand quelque chose réunit les choses qu'on aime, comme le cinéma bis, les femmes seins nus, la lune, la musique. Nude on the moon, réalisé par Doris Wishman en 1961, a tout ça.
Le film est en intégralité sur youtube ici.
La lune, et moi
Quand on a toujours rêvé d'aller sur la lune, quand on a écouté mille fois Out of the Blue de ELO, un million de fois Dark Side of the Moon des Pink Floyd en boucle, et des fois même en regardant le magicien d'oz en même temps, quand on sait que sur la lune il y a une machine à laver qui fait du ski, quand on ne s'est pas senti si éloigné de la soucoupe et du perroquet, quand on sait que c'est sur la lune que se cache le robot antropomorphe qui a créé Gaïa, quand notre Zelda préféré c'est Majora's mask et qu'on a rejoué mille fois le troisième jour, et qu'on découvre Nude on the moon, on a enfin la réponse à tout.
Les films traitant du milieu naturiste, avec plus ou moins de sérieux, existent depuis les années 30. Sur fond de batailles judiciaires sur la légitimité de mettre du nu à l'écran ou non, ils se multiplient au début des années 60, et Nude on the moon est un des bijoux du genre. Avant la déferlante seins nus -et naturiste- sur les plages, avant que Neil Armstrong ne plante son drapeau, ce film explore à la fois la thématique de l'expérience du nu et celle du voyage sur la lune.
Tels des Gulliver ou Micromégas de la sexploitation, c'est l'histoire d'hommes qui font un voyage extraordinaire, l'occasion de découvrir un autre monde, et de le comparer à notre société. Ici le Dr Jeff Huntley (Lester Brown) hérite et a enfin les moyens de faire décoller sa fusée vers la lune. Il part avec le professeur Nichols (William Mayer), son ami, et laisse sur Terre sa secrétaire Cathy (Marietta), qui est triste car elle est secrètement amoureuse de lui.
Le début du film est très sérieux, voire réaliste, pour un film a priori d'exploitation loufoque. Les acteurs jouent le plus sérieusement possible. Le ton est même sombre quand les deux héros roulent en décapotable vers la fusée, avec un étonnant ciel ténébreux au-dessus d'eux.
Tout cela contraste avec le côté fou et léger de la suite. Les deux voyageurs, après s'être évanouis dans la fusée, se réveillent sur la lune, qui s'avère être un jardin d'eden luxuriant où les habitants vivent en slip (hommes, femmes et enfants) et communiquent par télépathie. En plus ils sont gentils : la reine des sélénites (jouée par Marietta, l'actrice qui fait aussi la secrétaire) décide de laisser les scientifiques mener leurs études en toute liberté.
Tels des Gulliver ou Micromégas de la sexploitation, c'est l'histoire d'hommes qui font un voyage extraordinaire, l'occasion de découvrir un autre monde, et de le comparer à notre société. Ici le Dr Jeff Huntley (Lester Brown) hérite et a enfin les moyens de faire décoller sa fusée vers la lune. Il part avec le professeur Nichols (William Mayer), son ami, et laisse sur Terre sa secrétaire Cathy (Marietta), qui est triste car elle est secrètement amoureuse de lui.
Le début du film est très sérieux, voire réaliste, pour un film a priori d'exploitation loufoque. Les acteurs jouent le plus sérieusement possible. Le ton est même sombre quand les deux héros roulent en décapotable vers la fusée, avec un étonnant ciel ténébreux au-dessus d'eux.
Tout cela contraste avec le côté fou et léger de la suite. Les deux voyageurs, après s'être évanouis dans la fusée, se réveillent sur la lune, qui s'avère être un jardin d'eden luxuriant où les habitants vivent en slip (hommes, femmes et enfants) et communiquent par télépathie. En plus ils sont gentils : la reine des sélénites (jouée par Marietta, l'actrice qui fait aussi la secrétaire) décide de laisser les scientifiques mener leurs études en toute liberté.
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| Les continents sont inversés et la Terre tourne à l'envers. Mais pourquoi ? |
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| On a tous rêvé de voyager dans l'espace avec ces combinaisons. |
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| Je dis oui au shorty trop petit ! |
Le film le plus poétique du monde entier
Les deux terriens passent la deuxième partie du fim à étudier les sélénites. Elles ont des antennes de télétubbies, et elles passent leurs journées à jouer au ballon, à se baigner, et à se faire des blagues gentillettes. Le tout rythmé par une bande son délicate, relaxante, lunaire, et de grande qualité lors des génériques de début et de fin, quand Ralph Young chante Moon Dolls, sorte d'hymne à la As time goes by des bisseux qui aiment le naturisme.
En fait, il ne se passe rien sur la lune, et il ne se passe pas grand chose dans le film non plus. Il y a seulement tout ce qu'on y a cherché. Le temps s'est arrêté, on contemple, c'est tout. 1h10 de repos salvateur. On a lu L'invitation au voyage de Baudelaire, on a fumé, on a pris un werther's original, on a regardé Nude on the moon. On a oublié notre condition, on est heureux.
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| Les sélénites ne sont pas toutes parfaites : seins qui pendent, cellulite, un peu de gras. Mais c'est ce qui fait leur charme. |
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| Sur la lune, il y en a presque pour tous les goûts : blondes, brunes, rousses, vieille. Par contre pour de la couleur faudra repasser. |
A la fin, le professeur rappelle à Jeff qu'il faut rentrer à la maison. Jeff prend le chemin du retour à contre-coeur car il est tombé amoureux de la reine des sélénites. Quand les héros sont à nouveau sur Terre, on ne sait pas trop si ce voyage a été rêvé ou pas. En tous cas Jeff a la révélation : sa secrétaire est la même que la reine des sélénites ! Est-ce sa sosie, est-ce la même personne, est-ce le destin, ou la reine des sélénites n'était-elle qu'une projection rêvée par Jeff ? Si on est le genre de geek à prêter attention au moindre détail et à la rationalité des films, on va pouvoir se demander heures si cela a réellement eu lieu ou non, si le totem de DiCaprio dans Inception est la toupie ou l'anneau, si la fin de Lost est nulle. Mais nous, on s'en fout. La réponse est là : la Lune, c'est ce qu'on n'a pas sur terre, mais il suffit parfois d'ouvrir les yeux pour le voir à côté de nous.
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| Ce paysage lunaire vous étonne ? Il a été pensé par un letton d'origine. |
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| Le forgeron en slip, figure virile numéro 1 depuis l'âge du fer. |
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| La partie de volley la plus lente du monde. |
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| Malinowski vous le dira : il ne faut pas seulement étudier les autres, il faut aussi se laisser étudier. |
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| Shelby Livingston joue la plus belle des indigènes. |























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